Décrire n'est qu'une partie du travail
Les générateurs de texte alternatif et de sous-titres reconnaissent correctement une scène, un graphique ou une suite de mots prononcés. Le malentendu commence là : l'accessibilité d'un élément ne dépend pas seulement de l'exactitude de ce qui est décrit, mais de la fonction qu'il occupe dans la page.
Le RGAA 4 distingue plusieurs cas dans son thème « Images » : les images porteuses d'information, qui doivent avoir une alternative textuelle pertinente (critères 1.1 et 1.3) ; les images de décoration, qui doivent au contraire être correctement ignorées par les technologies d'assistance (critère 1.2) ; celles qui nécessitent une description détaillée (critère 1.6) ; les images texte, à remplacer si possible par du texte stylé (critère 1.8). Un modèle ne connaît pas cette typologie : il décrit, donc il remplit toujours. Même écart pour la vidéo, où un moteur restitue la parole alors qu'un sous-titre utile indique aussi qui parle et rend les sons porteurs de sens.
Les contrôles qui s'ajoutent à la description
La relecture ne lit pas l'alternative comme une phrase isolée : elle la confronte à son contexte de publication. Commencez par la fonction, car ce premier contrôle rend parfois les suivants inutiles.
Travaillez par passes sur l'ensemble du lot plutôt qu'élément par élément : une passe fonction, une passe contenu sur ce qui reste informatif, une passe média temporel sur les vidéos.
| Contrôle | Ce que l'IA fournit souvent | Ce que la relecture vérifie |
|---|---|---|
| Fonction | Une description, même pour un fond ou un séparateur | Que les éléments décoratifs soient ignorés par les technologies d'assistance |
| Non-redondance | Une reformulation de la légende voisine | Que la même information ne soit pas restituée deux fois |
| Information utile | Les formes, les couleurs, la composition | Que la donnée ou la conclusion portée par le visuel soit énoncée |
| Sous-titres | Une transcription continue de la parole | Locuteurs identifiés, sons signifiants, découpage, synchronisation, noms propres |
Choisir le traitement selon la fonction de l'élément
Avant d'écrire, posez la question de retrait : si l'élément disparaissait, une information manquerait-elle ? La réponse détermine le traitement.
Côté rédaction, Microsoft recommande une alternative d'une à deux phrases, souvent quelques mots choisis, sans commencer par « une image de » ou « un graphique de », sans nom de fichier ni URL, et en relisant la description générée automatiquement pour en retirer les commentaires ajoutés.
| Fonction de l'élément | Traitement attendu | Signal d'alerte en relecture |
|---|---|---|
| Décoratif : fond, séparateur, motif | Élément marqué comme décoratif et ignoré par les technologies d'assistance | Une description soignée et inutile |
| Informatif simple : photo produit, portrait | Une à deux phrases sur le contenu et l'intention | Une accumulation de détails visuels sans intention |
| Complexe : graphique, infographie, schéma | Alternative courte plus description détaillée | Une étiquette « diagramme en barres » sans la donnée |
| Image texte : citation, affiche | Texte réel disponible hors de l'image quand c'est possible | Un slogan qui n'existe nulle part ailleurs |
| Vidéo parlée | Fichier de sous-titres synchronisé, relu et nettoyé | Sous-titres incrustés, locuteurs indistincts |
Mise en situation fictive : trois passes sur un lot de publications
Exemple inventé pour l'exercice, sans lien avec une organisation réelle. La coopérative imaginaire « Vélo Cargo Hirondelle » prépare un lot de quarante visuels et six vidéos courtes, dont les alternatives et sous-titres ont été générés automatiquement. Passe fonction : onze motifs de fond et séparateurs passent en élément décoratif ; trois citations typographiques sont recopiées dans le corps de la publication, puisque leur texte n'existe nulle part ailleurs. Vingt-six éléments restent à relire sur le fond.
Passe contenu : pour un graphique, la sortie annonçait « image d'un graphique à barres bleues sur fond blanc, description générée avec un niveau de confiance élevé » ; la version relue devient « Répartition fictive des commandes : 62 % en ligne, 38 % en atelier. » Passe média temporel : sur une vidéo à deux voix, la transcription est juste mais continue, donc la relecture ajoute les étiquettes de locuteurs, signale un son porteur de sens, corrige le nom de la coopérative revenu en quatre variantes et recoupe deux sous-titres trop longs. Pour rejouer l'exercice, utilisez un lot fictif de ce type et ne saisissez aucune information confidentielle ni donnée personnelle.
Les erreurs fréquentes
La plupart des défauts constatés après génération automatique ne sont pas des erreurs de description : ce sont des erreurs de cadrage éditorial.
Dans le parcours IA Marketing, cette grille se travaille au module consacré à la production de contenus engageants et inclusifs avec l'IA.
- Valider le lot entier parce que les phrases « se lisent bien ».
- Décrire consciencieusement des visuels purement décoratifs au lieu de les retirer du flux de lecture.
- Oublier de supprimer les artefacts de génération : mentions de confiance, noms de fichiers, formules introductives.
- Décrire la forme d'un graphique sans donner le chiffre ou la conclusion qu'il porte.
- Décliner un visuel sur une autre plateforme sans rejouer la passe de non-redondance, alors que le texte voisin a changé.
Questions fréquentes
Peut-on publier un texte alternatif généré par l'IA sans le relire ?
Techniquement oui, mais la sortie automatique ignore la fonction de l'élément. Microsoft invite d'ailleurs à consulter, modifier et nettoyer la description générée avant de la valider.
Que faire d'une image purement décorative ?
Il ne faut pas la décrire, mais la marquer comme décorative pour qu'elle soit ignorée par les technologies d'assistance. C'est l'objet du critère 1.2 du RGAA 4.
Quelle longueur viser pour une alternative ?
Une à deux phrases suffisent le plus souvent, parfois quelques mots choisis. Si le visuel ne tient pas dans ces limites, il relève de la description détaillée (critère 1.6).
Sous-titres incrustés ou fichier séparé ?
Le fichier séparé reste modifiable et corrigeable après publication, contrairement à une incrustation définitive. La documentation PowerPoint décrit l'ajout d'un fichier de sous-titres WebVTT associé à la vidéo.
Repères et limites
Cet article porte sur la relecture éditoriale des alternatives textuelles et des sous-titres générés automatiquement. Il ne traite ni de l'audit technique d'un site, ni du choix d'outils de génération, ni des contenus en direct, et ne constitue pas un avis juridique. Les numéros de critères et les formats pris en charge évoluent : vérifiez les versions en vigueur.
Sources et ressources
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